Date de publication : 4/ 11/ 2012

Les champs de la Flandres

Au XXIe siècle, porter un fleur-de-lys n’est plus un geste politique. C’est notre symbole.

Vous savez, plusieurs Canadiens portent le drapeau du Canada pour ajuster leur fleur sur leur veste. On parle de politiciens et de gens de la vie de tous les jours. Tout le monde fait ça. Le site du 118e régiment de la légion affirme elle-même ceci :

It is undoubtedly better to wear a Poppy with a Canadian flag in the center than not to wear a Poppy at all. The best that we can do is to encourage Legionnaires to wear it properly.

[Traduction: Sans l'ombre d'un doute, il est bien mieux de porter son coquelicot avec un drapeau canadien en son centre, plutôt que de ne pas porter de coquelicot. Le mieux que nous puissions faire est d'encourager les Légionnaires à le porter de la bonne manière (sans drapeau au centre).]

Et c’est ce que je crois : j’ai vu quelques politiciens dans les conférences de presse porter le drapeau canadien sur le coquelicot. C’est beaucoup mieux que de ne pas porter le coquelicot. Pauline Marois n’est pas une militaire. C’est la chef de l’État québécois, où le fleurdelisée est notre symbole depuis 60 ans. Le fleur-de-lys, c’est aussi le symbole de la France depuis le 8e siècle (1200 ans). La guerre que l’on honore s’est passée dans les champs de la Flandres.

Je ne vois donc pas ce qu’il y a de fâchant de porter cette boutonnière. Je porte le coquelicot chaque année et je ne me considère pas Canadien. Mais cette année, je crois que je mettrai une fleur de lys sur mon coquelicot pour l’aider à le tenir. Je supporte nos troupes, les Canadiens, mais je suis Québécois et je me rappelle que c’est en France que nos hommes sont morts.

Et je trouve ça très bas que les gens veuillent politiser le port d’une fleur de lys.

En attendant, je tenais à retranscrire le poème des champs de la Flandres, en version intégrale et en anglais (la langue dans laquelle le poème fut écrit).

In Flanders fields the poppies blow
Between the crosses, row on row,
That mark our place; and in the sky
The larks, still bravely singing, fly
Scarce heard amid the guns below.

We are the Dead. Short days ago
We lived, felt dawn, saw sunset glow,
Loved and were loved, and now we lie
In Flanders fields.

Take up our quarrel with the foe:
To you from failing hands we throw
The torch; be yours to hold it high.
If ye break faith with us who die
We shall not sleep, though poppies grow
In Flanders fields.

Ancien président d'associations étudiantes récemment de retour de 6 mois de travail au Sénégal. Passionné d'alimentation, de biotechnologies, d'enjeux internationaux. De quoi donner plusieurs regards sur une même réalité.

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