Date de publication : 22/ 05/ 2012

Charest, les clowns et les chaudrons

Pendant un bref instant, il a sans doute cru pouvoir gagner son pari machiavélique. Irrités par une loi volontairement outrancière, les manifestants allaient s’enfoncer dans l’illégalité, l’anarchie, le chaos, la violence, etc. Choquée par tant de violence gratuite, la population se serait réfugiée dans le giron du premier ministre, le suppliant de mettre fin au conflit.

Ce ne fut qu’un bref instant, après les évènements navrants de dimanche soir. Et c’est à ce moment précis qu’un changement d’humeur collective semble s’être cristallisé parmi la foule des manifestants.

De révolutionnaire engagée et enragée, elle est devenue contestataire et allumée. Charest voulait mettre le feu aux poudres? Soit! Mais la manoeuvre s’avère finalement un gigantesque pétard à la farine lui explosant à la figure.

Les étudiants et leurs supporteurs, devant l’absurdité de la loi 78, réalisant promptement l’inefficacité  de celle-ci et n’ayant sommes toutes plus rien à perdre, ont plutôt versé dans l’humour et la bonne humeur.

C’est ainsi que non seulement la manifestation nocturne de lundi mais aussi la grande marche de cet après-midi semblent s’être déroulées dans une atmosphère guillerette et bon enfant. Et qu’un appel à jouer de la casserole hier dans Villeray s’est répandu dans toute la ville ce soir. La protestation est farfelue,  ludique, absurde.

Ce changement d’état d’esprit vient de signer définitivement la perte de Jean Charest. On peut diaboliser les casseurs. On peut enfermer les extrémistes anarchistes. Et l’opinion publique se rangera de notre côté.

On peut difficilement en vouloir aux joyeux lurons qui tapent sur leurs chaudrons en guise de protestation. Ces derniers n’en tapent qu’avec plus de ferveur qu’un sondage Léger commandé par le Journal de Montréal semble indiquer un début de revirement de l’opinion publique. De plus, les manifestations s’enchaînent maintenant quotidiennement non seulement à Montréal, mais également à Québec et à Sherbrooke.

On attribue à Sigmund Freud la citation suivante: « l’humour ne se résigne pas, il défie! »

Voilà, M. Charest, que le gant que vous nous avez jeté à la figure a été ramassé, avec beaucoup d’à-propos, par les étudiants. Il est peut-être temps d’admettre votre défaite. Vous êtes mis au défi.

Blogueur au parcours professionnel et académique varié ayant couvert (à ce jour) les sciences, la musique, l’histoire, l’administration et la finance. Il va de soit que tous ces domaines alimentent ma réflexion sur les différents sujets qui seront couverts ici. Mes billets seront également des occasions d’expérimenter avec différentes idées et ce, que ce soit au niveau culturel, philosophique, économique, politique, etc. Le tout sans trop se prendre au sérieux, évidemment.

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Vos Commentaires 2 Commentaires
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  1. Serge says:

    Un billet 100 % pékiste du PQ.
    Très intéressant.
    Espérons qu’une fois au gouvernement, Pauline nommera des syndicalistes soviétiques, ainsi que des anarchistes radicaux à des postes clés. Éducation, santé, transport.
    Peut-être même créer un ministère de la gratuité, pour y accueillir Gabriel, Martine et Léo.
    SP

    • Merci de faire étalage de vos préjugés sans la moindre intelligence. Si vous aviez pris le temps de vous informer (et de lire mes billets précédents) vous en auriez trouvé qui vous auraient davantage renseigné sur mes opinions politiques.

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