Ta gueule ou cause toujours!
Vous aurez sûrement reconnu la boutade de Coluche à propos de la dictature et de la démocratie. Je vous laisserai d’ailleurs le soin de placer les deux au bon endroit. Ici, et comme partout ailleurs, on cause et beaucoup! Comme le faisait remarquer Marie-France Bazzo sur Twitter, existe-t-il des gens qui ne bloguent pas ou n’opinionnent pas? Bien sûr, le blogue existe depuis déjà longtemps, mais l’avènement et la popularité des médias sociaux ont contribué à son explosion. D’ailleurs, fait assez cocasse, j’ai souvent lu en réponse à un message critique sur Twitter : est-ce que tu écris sur un blogue au moins? Avouez que la question est charmante pour celui qui la reçoit. Vous n’avez pas de blogue! Alors vos gueules!
Je ne veux pas discuter de la pertinence d’avoir un blogue, mais plutôt de cette démocratisation de l’opinion et de sa diffusion à grande échelle. N’ayez crainte, je ne reviendrai pas non plus sur l’exploitation des ressources, car mon collègue Renart Léveillé et Simon Jodoin le font de façon brillante et efficace. Ce qui m’intéresse, c’est plutôt cet éveil à l’opinion, au partage et à l’écriture. Ce n’est sûrement pas l’arrivée du Huffington Post Québec qui fait exploser la formule du blogue. C’est même le contraire! Donc, le blogue est partie intégrante de la toile depuis longtemps. La nouveauté est plutôt la vitrine importante qu’offrent les nombreux médias sociaux et sa transformation.
De journal intime à journal social, celui-ci a évolué avec l’aide involontaire des médias traditionnels. Ces derniers, souvent accusés de convergence, sont même devenus des médias suspects aux yeux de plusieurs blogueurs. En 2005, Arnaud Rindel écrivait dans Le Monde diplomatique :”Un tel état des lieux souligne assez le frein que représentent désormais les grands médias à une participation éclairée des citoyens à la prise de décision politique. Et l’urgence d’une réappropriation démocratique des moyens d’information. Donc, le blogue force les médias traditionnels à effectuer des changements importants à leur plate-forme, et ce, pour leur survie. La Presse a effectué ce changement en instaurant un blogue à certains de ces chroniqueurs. Voilà que cette semaine, le Journal de Montréal se catapultait sur la vague en vogue. Avec maintenant l’arrivée du Huffington Post Québec, la table est mise pour l’opinion à grande échelle. Ne manqueront que les lecteurs qui sont moins légion que la pensée reçue.
Il faut se réjouir de cette explosion de l’expression, de l’opinion et de l’écriture. La protection de notre langue doit peut-être aussi commencer par son utilisation. Bien sûr, avec la multiplication, viennent parfois la diminution de la qualité et la diversité à outrance de l’opinion. C’est d’ailleurs la beauté et la laideur du web, des sites à découvrir et d’autres à éviter. La tentation de bannir certains serait peut-être de mise, mais je préfère personnellement quelques excès à la censure d’un gouvernement qui devient un peu trop paranoïaque. Pour ce qui est de la peur du contrôle suscité par des sites comme Facebook et Twitter, je vous ferai remarquer que chacun a toujours la liberté de choisir le contenu et l’abonnement. La même chose s’applique aussi pour les blogues et comme pour les livres en librairie, le contenu sera toujours discutable.
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Oui cette démocratisation et diffusion des opinions est une chose souhaitable mais il est nécessaire que sur une mer agitée un capitaine prenne les bonnes décisions après avoir écouté les matelots. Il est intéressant de constater qu’en cette période où les opinions circulent allègrment, il y a de moins en moins de leaders crédibles capables d’extraire de cet amas d’opinions une direction à prendre. Nous vivons dans un univers tellement complexe que plus personne ne semble en mesure d’en faire une synthèse. Ce n’est pas pour rien que de plus en plus de personnes sont insatisfaites de l’offre politique et que le taux d’abstention risque de continuer à croître. Les seuls qui s’y retrouvent sont ceux qui adhèrent à une idéologie ou une stratégie politique quelconque et qui vont voter aveuglement pour leur parti. les autres risquent d’être de plus en plus perdus.
Effectivement! Le résultat demeure quelques fois décevant pour le citoyen, mais celui-ci commence à peine à s’exprimer et à rendre la vie moins facile aux élus. Nous vivons présentement une effervescence des idées et le temps pour se situer sera encore long, mais il viendra.Le choc des idées est présentement bien palpable et je crois que la route se tracera par elle-même.
@ S. Biron
J’espère que vous aurez raison mais jusqu’à maintenant lorsqu’on étudie l’histoire du monde, cela a toujours été des individus qui ont réussi à incarner la voie à suivre (bonne ou mauvaise d’ailleurs)