Pierre-Hughes Boisvenu : la moralité à deux vitesses
Je ne sais pas trop ce que Pierre-Hughes Boisvenu vit dans sa tête. C’est un homme qui a beaucoup perdu. Cependant, j’ai bien l’impression (et je ne suis pas le seul) que le deuil de ses deux filles, dont une aux mains d’un salaud qui l’a assassiné, vient embrouiller son jugement.
Ce matin, M. Boisvenu a affirmé qu’il était contre la peine de mort « par principe », mais que chaque assassin devrait avoir une corde dans sa cellule pour décider de sa vie. Il dit aussi que le débat sur la peine de mort devrait être rouvert pour certains cas citant notamment celui des Shafia qui, selon lui, coûtera 10 millions $ à l’État canadien.
Mon opinion est biaisée. Je suis contre la peine de mort, et ce UNILATÉRALEMENT.
Cependant, je crois que chaque individu a droit de décider de sa vie et qu’il a aussi le droit de mourir s’il le souhaite. Je crois aussi que lorsqu’un assassin met fin à ses jours, ce n’est pas une grosse perte pour le monde.
Mais lui fournir les outils pour, c’est aller trop loin.
On ne fournit même pas l’aide nécessaire pour les gens qui souffrent de maladies graves et/ou dégénératives pour mettre fin à leur souffrance. Mais lorsqu’il s’agit d’un assassin alors là, pas de problèmes?
Mais pourquoi suis-je contre la peine de mort? Parce que je suis mou? Parce que je défends les assassins? Parce que je me fous des victimes?
Non.
Je suis contre la peine de mort d’abord et avant tout par moralité. Il y a un important paradoxe moral à tuer quelqu’un parce qu’il a tué. C’est de donner le droit au gouvernement de tuer, mais pas à la population. C’est taper son enfant parce qu’il vous a tapé. C’est de la moralité à deux vitesses.
Je suis aussi contre parce que notre système de justice n’est pas parfait. Les erreurs judiciaires ça existe. Et dans notre belle société axée sur les nouvelles exclusives aux 15 minutes, ce n’est pas long que le visage de quelqu’un qui est peut-être innocent reste gravé à jamais dans la mémoire collective comme étant celui d’un assassin.
Et si la personne mettait fin à ses jours justement pour ça? Non par culpabilité, mais parce qu’il sait très bien que sa vie est terminée même s’il est blanchi de toutes accusations?
M. Boisvenu, la morale et les lois n’ont qu’une seule voie. C’est comme ça que notre société fonctionne. La loi est la même pour tout le monde. Et si tuer est immoral et illégal, ça doit l’être pour tout le monde. Et de fournir la corde à ces meurtriers serait la même chose sauf que le sang ne serait pas sur les mains du gouvernement. Ce n’est que de l’hypocrisie.
Oui, je crois que chacun a droit de décider de sa vie. Je crois aussi que ceux qui n’ont pas les capacités physiques d’abréger eux-mêmes leurs souffrances, en l’occurrence des gens malades, devraient avoir droit à l’aide médicale nécessaire. Car il ne s’agit pas ici d’économie d’argent ou de vengeance, mais plutôt une question d’humanité.
Au fond, ce que je vous dis M. Boisvenu est que j’aime croire que les gens qui dirigent le pays sont plus humains que les assassins qu’ils condamnent. Pour moi, tuer n’est pas humain. Si vous considérez que de tuer est mal, tuer un tueur l’est tout autant. Ce n’est pas qui tire sur la gâchette qui compte, mais le geste lui-même.





























L’assassin qui a pris une vie, pourra décider sur la sienne. Seulement lui décidera de son destin. Boisvenu ne met pas la corde au cou. Il parle d’un assassin, pas d’un criminel de petit crime. C’est l’enlevement d’une vie que l’assassin a fait. Comment pouvons-nous critiquer l’opinion de M. Boisvenu. Il a vécu une perte d’un membre de sa famille. Nous ne connaissons pas ses souffrances.
Parce qu’il a vécu la perte de ses filles nous ne pouvons questionner ses opinions? Voyons donc!
Avez-vous pris la peine de lire l’article? On ne dirait pas.
J’ai pris la peine de lire votre article! Vous dites que le deuil de sa perte vient d’embrouiller son jugement. C’est un opinion qu’il à fait. Il n’est pas un juge.
Vous ne devrez pas comparer les personnes malades avec les assassins.
J’ai bien lu ton article. Je pense qu’il s’est excusé en public par sa politesse vers les citoyens.
La décision restera à l’assassin et pas au gouv. S’il a pris une vie, ou deux, ou trois; ça reste seulement à lui de vivre ou non avec sa consciance. Au dernier paragraphe, vous dites que tuer un tueur….C’est seulement le tueur qui se tue, et pas le gouv.
Lunar … j’ai l’habitude de lire des commentaires, et celui-là mérite un 9 pointé sur mon Bizaroïdimètre !
Qu’il soit juge ou non n’est pas important…nous devons être juge pour avoir un jugement?
Je ne compare pas les personnes malades avec les assassins. Je dis que nous aiderions des assassins à mettre fin à leurs jours alors que nous ne voulons même pas aider les malades graves à le faire.
Lorsque je parle d’un gouvernement qui tue je fais référence à la peine de mort dont il est aussi question dans le texte.
Oui il a fait son mea culpa mais pas au moment ou l’article a été publié.
Ce qui me laisse le plus perplexe dans le débat sur la peine de mort, c’est que depuis des années, environ 2 Canadiens sur 3 sont en sa faveur… (Québec inclus).
Est-ce dire qu’il faut ré-ouvrir le débat ? je sais pas.
Mais combien de tweets j’ai vu quand Guy Turcotte a été acquitté.. il n’est même pas coupable et plusieurs parlaient de le pendre à un arbre.
Le débat de la peine de mort va bien au-delà des questions légales et sociales. C’est un débat sur l’éthique, la morale civique et la vision que nous souhaitons, sur ce que devrait être une sentence pour crimes graves.
Le sénateur Boisvenu devrait donné sa démission ce n’est plu sa place au commune. C’est une personne trop perturbé dû à la mort de sa fille et il n’est plus apte .a donné des conseils de cette envergure.
@Gaetan Vous semblez connaitre ça; Qui devrait rester au commune et qui est apt a donner des conseils.
Québec, le 1ier février 2012
Une corde pour te pendre
En déclarant : « Moi je dis toujours dans le fond: il faudrait que chaque assassin ait le droit à sa corde dans sa cellule il décidera de sa vie» le sénateur conservateur Pierre-Hugues Boisvenu se rend coupable d’un acte d’un suicide assisté selon la loi. Même s’il le pense le fondateur et ancien président de l’Association des familles de victimes assassinées ou disparues est allé trop dans ses déclarations. D’ailleurs il s’est excusé trop tard.
Il est impensable que le porte parole sénatorial de la justice au gouvernement prenne parti aussi directement pour la peine de mort volontaire. Par contre le sénateur a dit tout haut ce que son chef le premier ministre Stephen Harper pense tout bas. À cet effet rappelons-nous la déclaration de Stephen Harper en janvier 2011 «personnellement, dans certains cas, je crois que la peine capitale est appropriée».
Il ne faudrait pas que ce débat amène le gouvernement Harper à légiférer sur le retour de la peine de mort abolie en 1976.
Il faudrait plutôt s’acharner à renforcir les lois et et augmenter la lourdeur des peines.
Jocelyn Boily