Date de publication : 21/ 02/ 2012

Madonna : le 20e siècle qui nous colle au derrière?

Crédit Photo: http://flic.kr/p/4DgmP7

 J’ai hésité longtemps avant d’entreprendre l’écriture de ce billet. À vrai dire, je savais que certains auraient automatiquement envie de me lyncher à la lecture du sujet que j’ose aborder. Je sais que l’amour de certains pour cette chanteuse est viscéral, inconditionnel, et aveugle. Je le comprends, mais je ne suis pas atteinte de cette condition.

J’y vais rapidement, donc, comme avec un pansement ou avec des bandes de cire épilatoire: le pire c’est toujours l’appréhension.

Aveux: je me contrefiche de Madonna.  Ce qui fait de moi une extra-terrestre. C’est dit.

En fait, peut-être que c’est plus que de la contreficherie. Peut-être que je juge un peu plus que ça.

Sans aucun doute, l’icône pop est une figure marquante des dernières 30 années. Il faudrait vivre sur une autre planète pour ignorer l’influence marquante de la Madone sur la culture populaire. Je suis née au début des années 80, alors j’ai vécu ma jeune vie entourée par les conséquences indirectes du passage de la chanteuse.

Cependant, j’aimais mieux entendre l’album de Grease qu’un des siens. Je vibrais au son de la voix de Newton John. Est-ce que Grease viendra faire un spectacle sur les Plaines en 2012? Non, c’est d’une époque révolue.

Madonna est donc un phénomène extraordinaire de longévité. Quel est le problème, alors? C’est simple. Il y a eu beaucoup d’imitations de Madonna depuis Madonna. De Shakira à Britney en passant par Gaga, le monde de la pop a repris cette recette et en a fait une chaîne infinie de dérivés diverses. Pourtant, malgré  le nombre fulgurant d’artistes pop qui défilent sur le marché depuis des décennies, même réunis, le total des retombés de l’ensemble de la relève aurait probablement un impact financier inférieur à la seule Madonna.

Est-ce que cela est en soit un compliment pour la star? Pas venant de moi, du moins, puisque ce succès, à mes yeux, en est un par défaut afin de combler le vide laissé par l’absence d’un “liant” musical aussi fort pour réunir un aussi vaste public.

Oui, Britney a essayé. Elle a d’ailleurs récolté un gros marché de fans depuis les quinze dernières années en recyclant des ingrédients déjà servis une première fois dans le grand buffet musical.

Le marché est devenu plus vaste, plus sous-catégorisé. Oui il y a encore la musique populaire qui dicte à notre époque comment elle devrait sonner. Mais nous réunie-t-elle encore?

Je pense que la nostalgie est la gélatine qui nous unit le plus présentement et Madonna profite de ses retombées en parcourant les stades de ce monde. En marketing, quoi de mieux qu’un classique qui se renouvelle?

Madonna Louise Ciccone est-elle si exceptionnelle, si talentueuse? Eh, en tant que voix, vraiment pas. Disons qu’on ne parle pas non plus de l’âme d’une Nina Simone. Alors qu’est-ce qui fonctionne pour elle?

Après tout, la Material Girl nous sert du réchauffé de ce cliché  qui est devenu sa marque de commerce: la dominatrice au visage céleste qui chante Like a Virgin et Papa Don’t Preach en se faisant traîner par des légions d’hommes huilés traités comme des objets. (On pourrait argumenter que l’artiste a beaucoup évolué dans ses directions musicales au fil de sa carrière, mais à voir la composition du spectacle de mi-temps au Superbowl, j’ai eu l’impression qu’elle cherchait à nous prouver qu’elle rentrait toujours dans ses vieux costumes en ayant l’air chicks.)

On en est encore là, vraiment?

Finalement, Madonna n’est peut-être qu’une Cléopâtre de plus dans l’histoire des légendes de l’humanité. Mais entre vous et moi, j’ai toujours trouvé que Cléo semblait être bitch et en amour avec son ego.

Il serait temps de trouver une machine aussi efficace que celle de Madonna, pour une effigie adaptée aux couleurs du 21e siècle, cette fois.

Avant tout, je suis une écriveuse entre les lignes. Puis ensuite, une blogueuse. Mais je ne saurais dire ce que je suis précisément.

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Vos Commentaires 8 Commentaires
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  1. Brigitte Leclerc says:

    Si vous vous considérez comme une extra-terrestre, alors nous sommes deux ! Mais la plèbe apprécie et finance encore aujourd’hui son travail. Peut-on lui reprocher de l’exploiter puisque la Madonne reste une spécialiste marketing !

    • Annie Dubé says:

      ;)
      Et ce n’est pas comme si les dominatrices n’aimaient pas l’exploitation! C’est un drôle de système de valeurs qu’elle représente esthétiquement, plus j’y pense…

      Étrangement, je ne vois pas comment la libération de la femme peut vraiment motiver ce genre de mode. Imaginons qu’on transfert le concept de domination de la femme sur l’homme tel que fantasmé dans la culture pop des années 80 à des peuples en conflit, et il me semble que de voir des Palestiniens fouetter un Israëlien en cuirette ne me semble pas être une si grande idée.
      Non?

    • Ça par contre, ce nest qu’une perception à mon humble avis ! Et je suis pas sûre que ce soit la motivation !

      • Annie Dubé says:

        Je tiens à préciser:
        Je me questionne au niveau de l’inconscient collectif, pas sur ses goûts personnels! Je ne crois pas que ce soi sa vie sexuelle qui soit en question…Et ce n’est pas un jugement de ce qui se fait entre adultes consentants. Mais symboliquement, quelle corde ça touche chez le public?

        J’me demande pourquoi la sauce pogne… Sur ce que ça dit du non-dit très exactement. J’ai tendance à chercher loin des fois ! Mais il y a matière à trouver des pistes de réflexion ici et là sur de petits détails. Tout compte!

        Merci pour les commentaires Brigitte!

  2. Maintenant, Madonna est pertinente dans l’histoire de la musique pop, pour son héritage musical d’ailleurs : Lady Gaga, Katy Perry, Nicki Minaj, Christina Aguilera, Pink, Britney. Rien que pour nommer quelques-unes qui ont été influencées par son image et sa musique.

  3. J’aurais tant à dire sur ce sujet, ayant passé de fan fini de Madonna a fan très critique de ses productions.

    C’est vrai que ses mises en scènes ont été reprises cent fois et qu’on soupire plutôt que de s’émerveiller, maintenant…

    En fait, il n’y a plus rien de nouveau et d’innovateur dans le pseudo-féminisme véhiculé par la culture populaire à la Madonna, qui n’est en fait qu’une autre construction sociale enfermant la femme, qu’un culte usé à la corde par les médias de masse et les producteurs maintstream.

    Pourquoi passer d’un extrême à l’autre? Pour être en réaction à des siècles de patriarcat, peut-être. Mais au-delà de ça, peut-on s’affirmer et se définir sans être en opposition, dans la culture mondiale actuelle?

  4. Bienvenue dans l’univers du prêt-à-jeter musical.

    Chaque décennie a eu sa diva ou ses icônes pop.

    Les 60: Liza Minelli
    Les 70: Donna Summers
    Les 80: Madonna
    Les 90: Les Filles Épicées
    Les 2000: Céline
    Les 2010: Il est encore un peu tôt pour décerner une couronne.
    Il n’en demeure pas moins qu’elles ont une armada de contre-parties artistiques qui méritent que vos oreilles se tendent vers leurs chants et se laissent séduire par ces sirènes qui traverseront les âges et inspireront les plus talentueuses.

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