Foufounes (dot) com ou l’amour en ligne!
À l’approche de la St-Valentin, de nombreux médias nous parlent (et reparlent) du phénomène des sites de rencontre en ligne, lesquels nous promettent tous de trouver l’amour de notre vie. Ce matin dans Le Devoir, un texte de Fabien Deglise sur le sujet et quelques statistiques intéressantes. http://bit.ly/xRRPYR
Je ne suis certes pas un « spécialiste » de la chose, mais je me permets tout de même de vous partager certaines observations professionnelles, constatées dans ma pratique d’avocat, sur le volet matrimonial, particulièrement sur la notion d’infidélité et de désir de renouveau affectif.
AVANT Internet, les choses étaient relativement simples. Denis et Linda tombaient en amour. Ils se mettaient en ménage. Moyennant quelques jérémiades, Linda laissait Denis aller jouer les mardi soir au hockey avec les chums. Évidemment, par la suite, les gars allaient prendre une tite-bière, parfois aux danseuses ! Denis pouvait à l’occasion avoir la main baladeuse, mais généralement revenait « sain et sauf » au domicile conjugal. Certains de ses chums malheureusement rencontraient de nouvelle flammes et… bref on connait la suite : séparation, divorce, etc .
APRÈS la venue d’Internet, la « game » a radicalement changé. Linda a réalisé que pendant que Denis allait jouer au hockey, et peut être même « cruser » des filles à gauche et à droite, elle pouvait elle-aussi, dans l’intimité et le confort de son foyer, se lancer dans la grande aventure de la cyber-rencontre. Sans bouger de chez elle, Denis se croyant à l’abri de la compétition mâle, il pouvait boire calmement sa bière entre 2 danses à 20$.
Dans l’exemple ci-haut, vous pouvez évidemment inter-changer les rôles entre Denis ou Linda.
Conséquemment, dans la seconde moitié des années 90, les avocats en droit de la famille ont réellement assisté à une révolution dans les « motus operendi » de l’infidélité et de la séduction. Je ne compte plus le nombre de gars consternés, assis dans mon bureau, m’expliquant que leur femme avait rencontré un gars sur Internet… La révolution venait de débuter.
À cela, nous avons aussi assisté à un phénomène par lequel les nouveaux couples qui se formaient habitaient maintenant dans des endroits fort éloignés. Avant, la fille qui quittait son chum avait de bonne chance de rencontrer un nouveau compagnon dans son environnement physique. Même chose pour le gars.
Maintenant, la fille de Sorel va se « matcher » avec un gras de Dolbeau, le gars de Sept-Iles avec une fille de Québec etc., etc. Nous avons donc dû composer avec l’établissement de garde d’enfants sur de nouvelles bases géographiques, notamment.
J’ai entendu de très nombreuses histoires d’horreur, en lien à des « aventures » via le Net.
Il est vrai que cette nouvelle manière de rencontrer les gens est encore expérimentale : après tout, on ne peut tout de même pas balayer du revers de la main 2000 ans de romantisme, de séduction et le passion entre quatre yeux!
On ne peut pas magasiner une sacoche ou un carburateur de Mustang 72 de la même manière qu’un compagnon de vie.
Nous avons tous en mémoire cette triste histoire de Lyne Massicotte, cette femme de Chambly, assassinée à Québec, suite à une rencontre avec un homme de la vieille capitale. Ils s’étaient rencontrés sur le web. http://bit.ly/xh5MW6 Sur le Net comme ailleurs, la prudence s’impose.
Tout au plus, le Net nous propose une nouvelle manière de faire avec ses avantages et ses défauts. Par exemple, avoir l’opportunité de « chatter » une personne, quelques semaines avant une rencontre en 3D, va permettre de découvrir l’individu au-delà de sa simple apparence physique : son sens de l’humour, ses intérêts, ses rêves, ses passions, ses peines. Ceci n’est pas nécessairement possible dans les ateliers de « speed-dating » ou accoudé sur une caisse de son de 5000 watts au Thursday’s.
Au final, le problème demeure le même. L’infidélité et la désillusion affective n’ont rien de nouveau et l’Internet n’y est pour rien. Le mal de vivre est avant tout en soi, et non pas sur le clavier. Le Net ne fut qu’un accélérateur ou stimulant à un problème déjà présent et enfoui.
Malgré l’heure des communication virtuelles, des Twitter et Facebook, je me demande parfois si l’individu n’a jamais été si collectivement seul et prisonnier d’une cyber-camisole de force.
Sourire à l’humain devant soi, c’est sans doute comme cela que Roméo a « poké » Juliette, laquelle lui a signifiée un « like ». La recette est connue et utilisée depuis des milliers d’années.
Louis Sirois
Les opinions émises par les auteurs publiés sur Le Globe ne représentent pas nécessairement les opinions des administrateurs du site. Lisez les conditions générales
*******




























Ah l’amour! Au-delà de toutes les maladies c’est celle qui fait le plus mal.
Je pense que la société change tout simplement et les mœurs aussi. L’humain a toujours regardé la pelouse du voisin en la trouvant plus verte. Si certains couples se travaillaient au lieu d’uniquement chercher les papillons ça pourrait aider.
Un site de rencontre, c’est comme une automobile. On peut conduire comme un fou ou bien comme une personne raisonnable.
A moins d’être un playboy, Le site de rencontre a de nombreux avantages, ça ne coûte pas cher (moins cher qu’une sortie en club) et lorsqu’une date est fixée on sait qu’on va avoir quelqu’un en face de soi, etc. On peut rencontrer des gens bizarres sur le net mais on peut aussi les croiser au coin de la rue !
Jusqu’à l’avènement d’internet, les gens qui se cherchaient un compagnon d’infidélité se rabattaient sur les petites annonces. Les journaux jaunes (je pense à Allo Police)débordaient d’annonces du genre. Internet a juste facilité un peu les choses, rendu l’accès plus rapide.
@Marilène: très bon commentaire! Je suis parfaitement d’accord.