Lettre aux immigrants

 

Chère immigrantes et immigrants,

tout d’abord, je tiens à vous remercier d’être capable de me lire dans ma langue, et encore plus ceux qui sont arrivés ici sans aucune connaissance du français. Cela signifie pour moi que vous avez bien compris et accepté avec bonheur le contexte du territoire dans lequel vous vous êtes installé et cela vous honore grandement!

Aussi, il faut que je vous dise que je suis tout à fait pour l’immigration. Je crois que l’arrivée de gens de partout dans le monde est une richesse culturelle et qu’elle contribue à l’évolution de la société québécoise dans le bon sens. Cela « nous » oblige à nous questionner sur notre rapport à l’autre et à exercer notre tolérance. Et ce « nous » est très inclusif!

Mais le but de cette lettre est plutôt de vous pointer quelque chose qui m’apparaît de plus en plus évident vous concernant. Alors que la question de l’immigration revient sur la table régulièrement pour toutes sortes de raison, j’ai remarqué votre tendance à beaucoup trop le prendre personnel. Ce qui donne l’impression qu’il y a vous d’un bord, et les autres de l’autre (pour y aller au plus simple).

Par exemple, il y en a, et j’en suis, pour remettre en question les politiques d’immigration québécoise et canadienne (interculturalisme et multiculturalisme) et à suggérer une réduction du nombre d’immigrants à recevoir parce qu’il y a un problème évident avec les ressources d’intégration (la francisation étant le problème numéro un). Cela en est devenu un cliché, je le vois sur le web, vous êtes toujours contre ces remises en question même s’il est clair qu’il n’est aucunement suggéré de remettre en cause l’immigration en soi ni la légitimité de votre présence ici.

Ce qui fait en sorte de polariser le débat et de ranger d’un côté les méchants xénophobes et de l’autre les gentilles personnes ouvertes d’esprit qui sont de votre côté. Cela semble caricatural, mais c’est comme cela que je le sens, et je ne dois pas être très loin du compte. Par exemple, aussitôt qu’un Mathieu Bock-Côté pointe quoi que ce soit en lien avec l’immigration on l’invective au lieu de l’écouter (ou de le lire) vraiment. Symboliquement, on lui fait trop facilement porter l’habit du Ku Klux Klan alors qu’en vérité dans notre société il n’y a qu’un pourcentage très minime pour rêver de le porter. Et je sens qu’en acquiesçant à certaines de ses idées en lien avec l’immigration vous faites en sorte que cet habit malsain me colle à la peau.

Je vous le dis, vous êtes ici chez vous, vous êtes un élément essentiel de la solution, vous êtes aux premières lignes de ce débat, et avec raison. Mais pour l’instant, tout ce que vous faites, c’est de bloquer le débat à la source, de camper sur vos positions, et c’est malheureusement ce qui nourrit le mieux ceux qui n’attendent que des raisons pour vous dénigrer. Et puis, ce que je ne comprends pas, lorsqu’il est question de diminuer le nombre d’immigrants à recevoir, c’est pourquoi faire un si grand cas de gens qui ne sont même pas encore ici? Je pourrais comprendre pour ce qui est de ceux qui parmi vous espèrent et attendent de la famille, mais il n’est aucunement question de ça! Il s’agit seulement d’organisation sociétale, pas d’un jeu où le méchant Québec serait injuste en vous enlevant des gens de votre équipe!

J’espère que vous comprenez tout à fait où je veux en venir. Je trouve dommage qu’on ne puisse mettre carte sur table lorsqu’il est question d’immigration alors que votre statut d’immigrant devrait se fondre ou déjà être tout à fait fondu au moment où on en parle. Votre intégration devrait vous donner la confiance d’affronter ces questions de front au lieu de sombrer dans la peur du rejet lorsqu’il s’agit d’une notion très accessoire au final, ou plutôt, très générale. Et je ne dis pas par là que votre réalité d’immigrant n’est pas importante ni pleinement constituante de votre individualité. Je dis qu’elle est à prendre le plus objectivement possible pour le bien de l’analyse, a contrario d’une position de victimisation qui ne fait que faire apparaître une splendide carapace en guise de miroir déformant pour ceux qui jouent, bien malgré eux, le rôle des bourreaux.

Dans le fond, le but de cette lettre est de vous faire voir que ce débat est sclérosé et que vous êtes une partie importante de la solution pour qu’il puisse s’aérer. À partir de ce moment, que le débat penche d’un côté ou de l’autre importe peu, il aura au moins une valeur démocratique et sera débarrassé du tabou dans lequel il est empêtré en ce moment. Je sais que c’est bien pratique pour quiconque d’enfermer l’autre camp dans l’interdit, mais je ne crois sincèrement pas que ce soit juste et équitable. Ni souhaitable.

En espérant vous avoir au moins fait comprendre que la très grande majorité de la société qui vous a accueilli n’est pas contre vous. Et merci beaucoup d’avoir pris le temps de me lire.

Pascal Renart Léveillé

P.S. À lire en complément, un billet de Josée Legault qui croit, comme l’auteur britannique d’origine indienne Kenan Malik, que « c’est une erreur d’analyse que de confondre le multiculturalisme avec l’ouverture à l’immigration, à l’Autre, à la diversité et sur le monde… »

Cofondateur du site Le Globe. Blogueur depuis 2007. C'est maintenant ma manière principale d'être créatif, alors que j'ai touché à l'art visuel (études à l'appui), au chant, à la musique et à l'écriture plus fictionnelle. Justement, j'ai un roman en branle et j'espère pouvoir inscrire ici un jour que je suis aussi écrivain...

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Vos Commentaires 24 Commentaires
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  1. reblochon says:

    Clap ! Clap ! Clap ! (rien d’autre à ajouter, c’est excellent)

  2. Eric Bondo says:

    Mon ami, tu t’es fait prendre au piège. Si tu ne comprends pas pourquoi ça se passe ainsi, je prendrai plus de temps éventuellement pour te l’expliquer.

    Mais en bref, il est temps que vous compreniez que ce sont les immigrants qui ont le pouvoir ici. Ce sont leurs partis politiques qui sont au pouvoir. Sans eux, nous ne serions gouvernés ni par Jean Charest, ni par Gérald Tremblay.

    Pourquoi? Peut-être parce que le Québec disons “autochtone”, dans son ensemble, et malgré la prolifération des bla bla d’intellos comme Mathieu Bock Côté qui ne rejoignent qu’une infîme partie de la population, est encore tout à fait colonisé, et que les “maîtres” ont de nouveaux alliés pour faire sortir le vote démocratique en leur faveur : les immigrants. Pendant que les pur-laine se déchirent SANS ARRÊT sur des questions ridicules, l’immigrant et l’anglophone s’allient et décident de la gouvernance. Qui le leur rend bien.

    Tu veux que ça change? Eh ben, commençons par le début : apprenons à lire et à écrire aux 49% d’entre nous qui ne comprennent rien à rien… On pourra espérer éventuellement que l’exercice de la citoyenneté pour le Québécois moyen se raffine avec une meilleure compréhension des enjeux. Mais avec autant d’illettrés (et c’est sans vouloir être insultant), je, tu, nous parlons dans le vide. Et puisqu’ils sont au pouvoir, et que nous sommes des mauviettes, pourquoi feraient-ils une seule concession?

    Eh oui, encore une fois, il faut passer par l’introspection et l’autocritique… Ce qui fait toujours chier le Québécois orgueilleux qui sait qu’il en arrache, mais qui ne veut jamais avoir l’air du pigeon…

  3. [...] à la diversité et sur le monde… » Pour laisser un commentaire, suivre le lien suivant : http://leglobe.ca/blog/2011/12/lettres-aux-immigrants/Your email:  TweetAuteur : Renart LéveilléVisit Renart Léveillé's WebsiteSuivre Renart [...]

  4. Je peux pas m’empêcher de revenir chaque fois. Que veux-tu, on abandonne difficilement l’un des premiers blogueurs virtuellement fréquentés.

    Faut pas faire porter la burqa tant que ça aux immigrants. Tu verrais pas ça à Madrid, ni à Paris, ni à Lisbonne, ni au Caire. Là-bas tous les immigrants apprennent sans trop de ressources d’aide à l’immigration ou à peu près. Pas le choix, les habitants locaux ne savent à peu près pas parler l’anglais. Les immigrants doivent se démerder tout seul sans personne pour les prendre par la main en parlant leur langue. Ici, à Montréal, on switch right away, anglais, espagnol même. Mets une famille d’immigrants chinois à Havre-St-Pierre, garanti qu’ils parleront français après 6 mois avec le drôle d’accent de la place et mangeront de la poutine ou des pétoncles roulées dans la farine.

    Puis honnêtement, ils ont souvent d’autres chats à fouetter que de se préoccuper de nos préoccupations identitaires. Ils ont leurs préoccupations personnelles qui passent avant, c’est normal. Leur famille est séparée, tuée ou kidnappée, ils sont perdus dans notre culture choc, cherchent un travail de merde, cherchent un logement de merde, cherchent à comprendre comment ça marche avec les papiers à remplir ou à falsifier, les documents à fournir ou à cacher, les dates limites à respecter ou pour se cacher. Pendant qu’ils font cette désorientation-là, ils ont le temps petit à petit de s’intégrer avec ceux qui les aident en anglais parce que c’est souvent la langue qu’ils connaissent déjà un peu. Se font un réseau tranquillement et finalement ne voient plus l’utilité d’apprendre le français comme 3e, 4e ou 5 langue parce qu’ils fonctionnent relativement bien comme ça.

    Ça fait qu’ils ne comprennent pas pourquoi les Québécois de souche leur font des reproches, ça commence à les faire chier, ils deviennent réactionnaires parce qu’ils essaient de vivre comme ils peuvent, avec des jobs de merde que personne ne veut faire, comme commis de dépanneur. Il y a du monde qui défendent les commis de dépanneur. Il y a du monde qui se radicalise et on sait qu’un radical ça veut juste faire chier et provoquer. On comprend pourquoi ils réagissent comme ça, mais c’est une minorité dans une minorité.

    Pour le reste, je trouve ton texte généralisateur et condescendant en t’adressant de la sorte “aux immigrants”. Cinq de mes amis-médecins sont des immigrants (réfugié de Colombie, réfugié du Liban avec sa femme Roumaine, réfugié de l’ex-Pologne communiste, réfugié du Vietnam, réfugié de la Syrie) et ne l’ont pas eu facile comme moi avant de devenir ou de redevenir médecins ici. Même s’ils ont un accent et une culture double, triple ou quadruple, ils fonctionnent parfaitement dans la société québécoise. Ce sont des encyclopédies de vie humaine et je passerais encore des heures à écouter leurs histoires même s’ils ne parlaient pas un traître mot de français. T’entendre leur parler comme ça de haut, ça me donne envie de prendre leur défense radicalement.

    • Nicolas F. ( rédaction ) says:

      Note que je suis moi-même immigrant, et que je ne trouve pas ça condescendant . Tu sais, quand tu es immigrant, tu le sais plus ou moins, on ne te tord pas le bras pour immigrer dans un pays étranger, et on ” devrait en principe ” être reconnaissant envers le pays en question et leurs habitants .

      • Mais en s’adressant à tous les immigrants sur un ton de professeur de maternelle ou de Passe-Partout, c’est pas être reconnaissant envers ces immigrants qui en principe font déjà ce que Renart demande. Sont écœurés de se faire encore parler comme des enfants. Ils auraient apprécié qu’on ne les inclue pas là-dedans.

        Mon collègue et ami, un médecin colombien, était un réfugié au Québec avec sa famille. Il se nourrissait dans les boites alimentaires à Montréal en faisant les humiliantes files d’attente. Il a fait des jobs de merde, a appris le français en 6 mois, l’anglais en un an, refait sa résidence en médecine au Québec, refait ses examens de médecine, maintenant il travaille comme médecin dans une région isolée qui n’intéresse pas les Québécois de souche et qui l’ont laissée s’angliciser sans aucun immigrant. Il me disait cette semaine que les insultes en québécois ne lui font rien, comme «ertourne dans ton pays esti de tacos». Pour lui, rien de mieux que de bonnes vieilles insultes en espagnol. Je pourrais aussi te parler de mon ami arménien né au Liban, qui a fuit la guerre à l’âge de 10 ans, s’est réfugié à Chypre, puis à Athènes, puis en Allemagne, puis à Montréal, où il a appris le français et l’anglais, est devenu ingénieur, pilote d’avion puis a fait sa médecine, fut mon professeur à Blanc-Sablon, grand modèle de vie pour moi quand j’avais 23 ans, puis mon collègue, puis mon ami, puis est devenu le médecin de l’Agence spatiale européenne pour les astronautes européens, puis est revenu au Canada, a appliqué sur le poste d’Astronaute, a fini 20e sur 6000 demandes, a eu le poste de médecin à l’Agence spatiale canadienne pour nos astronautes. Lui et sa femme roumaine qui avait fui la Roumanie de Ceaucescu et qui a trois post-doctorats doivent parler au moins 10 langues à deux, avec un français impeccable, avec un gros bouilli identitaire, leurs deux enfants sont aussi mêlés, doivent pas savoir quelle langue parler ni comment se définir identitairement. Quand j’entends parler comme ça à mes amis, je me crispe, je suis d’une grande loyauté. Eux se fermeraient la gueule, par respect pour le pays qui les accueille. Moi, par principe, je l’ouvre.

        • Nicolas F. ( rédaction ) says:

          Écoute Vincent, je comprends mieux que personne ta position, et celles de tes amis . Le fait est que l’intégration est une affaire qui se fait a deux, tu peux essayer autant que tu veux de t’intégrer, si les habitants du pays ou tu immigre ne veulent pas de toi, cela ne change pas grand chose . En plus, effectivement, la plupart des immigrants que je connais ont réussit des exploits que personne de souche ici ne feraient ( apprendre le français par exemple en est un assez massif, puisque ce doit être l’une des langues les plus dures a apprendre et assimiler .
          Mais l’arbre cache souvent la forêt, et nous avons tendance peut-être a focaliser plus sur les `paresseux profiteurs” que sur le reste … mais rassures toi ! C’est pareil si ce n’est pire ailleurs ( puisque le canada n’est pas le premier pays où j’ai habité ) ….

  5. Renart Léveillé says:

    Eric Bondo,

    je vois tout à fait où tu veux en venir.

    Mais je ne m’arrêterai pas à ceux qui sont au gouvernement pendant quatre ans et surtout à tous ceux qui n’en ont rien à faire du « débat public ». Je suis peut-être naïf, mais j’ose croire que les discussions des citoyens sur le web s’ajoutent maintenant à ce qu’on appelle « l’opinion publique », qui était auparavant l’apanage des grands médias.

  6. Vraiment condescendant! franchement…

  7. Pwel says:

    Je suis choquée. Le ton condescendant et paternaliste. Le doigt accusateur “c’est de votre fautre immigrants, vous vous braquez”. La généralisation outrancière.

    J’appuie à 110% la remaque de Vincent. Il y a une différence entre se prendre pour le référent ultime et essayer de faire preuve de dicernement dans la tempête désinformative qui touche le sujet.

    Que l’auteur donne son opinion, grand bien lui fasse, mais qu’il profite de cette tribune pour annoncer que “les immigrants sont complètement réfractaires à la baisse de l’immigration” et ce, sans documentation ni même de tranche de vie (ça aurait été moins pire que rien), est choquant pour moi.

    Je suis d’accord aussi avec Vincent parce que immigrer c’est tout un casse-tête, des remises en questions et un nouvel environnement à apprivoiser. La majorité des immigrant-e-s sont encore en train de se demander de quoi ils et elles vont nourrir leurs enfants ou comment ils et elles vont pouvoir envoyer de l’argent à leur famille et l’auteur, sans aucune nuance, est déjà en train de les mettre dans le grand chapeau “des Immigrants qui se braquent”.

    • Nicolas F. ( rédaction ) says:

      Pwel,
      C’est très louable de te mettre dans la peau d’un immigrant, et j’essayerais volontiers de me mettre dans la peau d’un canadien … mais voilà, je ne suis pas né ici, et tu n’es pas né ailleurs .
      Le truc est que le Canada, quoiqu’on en dise, est l’un des pays des plus durs a intégrer, tiens … tu veux un exemple rapide ? Tu veux un permis de travail quand tu es né a Mantes La Jolie, dans les Yvelines, en France ( donc a priori parfaitement francophone … ) ? Tu devras attendre quelques mois, et ce, même si tu as un employeur prêt a attester que tu es la seule personne capable de combler le poste . Tu veux pouvoir profiter des avantages sociaux ( quelques peu différents de ce que tu connaissais en France ..) là encore, accroche toi . Si tu veux une comparaison, un permis de travail en Australie est délivre en quelques jours . Mais alors pourquoi tant de français veulent immigrer ici ? Il existe un organisme appelé `office de migration du Québec ‘ qui enrôle régulièrement des personne vendant le Québec comme une terre promise, avec des maisons a 50 000 $, des voitures a 5000 $ et l’essence a 50 cents ….
      Du coup, la vie est TRÈS dure quand on se rend compte de la réalité des choses . C’est sur ;)

  8. Pwel says:

    Puisque mon commentaire semble seulement intéressant à la lumière de mon pedigree je vais donc devoir dire que je ne suis pas née ici, le français n’est pas ma langue maternelle, mes deux parents ne sont pas d’ici et j’ai déjà aidé un membre de ma famille lors de son établissement ici.

    Je ne vois pas en quoi ça donne ou enlève quoique ce soit à ce que j’ai écrit auparavant.

    Nous devrions être capable d’avoir une discussion argumentée sans donner plus ou moins de valeur à ce que les gens disent à cause de leurs origines, non?

    • Nicolas F. ( rédaction ) says:

      Pas de leurs origines, mais bien de leurs parcours de vie . L’origine est un point de départ, où l’on décide d’aller est une autre histoire . Où l’on décide d’aller . Dans la mesure où cela reste une décision, que cette décision est pondérée, que l’on accepte les conséquences de ses choix … mais connait-on réellement les tenants et les aboutissants de nos choix au moment où on les fait ?
      A moins que là encore, tu me dises que ce n’était pas un choix ?

  9. À peine débarqué de l’avion, il pouvait déjà me parler en français. Pas très bien, mais assez pour converser. Téhéran n’est pourtant pas une ville francophone. Sa sœur est arrivée à Montréal il y a quelques années déjà et, évidemment, elle ne parlait qu’anglais en arrivant ici. Le frérot a mis beaucoup plus de temps pour finaliser son dossier et depuis deux ans, il prend des cours de français dans une ville où beaucoup d’autres font comme lui. En Iran, on étudie pour devenir citoyen canadien comme on le ferait pour devenir médecin. Ça prend des années et les dépenses que ça entraîne sont considérables.

    D’une manière générale, le vieillissement de la population de souche crée un déséquilibre dans les rapports de force qui s’établissent avec les immigrants. Oui, il faudrait peut-être réduire le nombres d’immigrants acceptés chaque année, mais il faudrait surtout que les québécois aient suffisamment le goût d’exister pour engendrer une génération plus nombreuse et mieux éduquée (sans tomber dans les excès du passé).

    Et à Montréal, on se sentirait sûrement moins submergé par les populations immigrées, si la population d’origine n’avaient pas déserté la ville…

  10. Renart Léveillé says:

    On m’accuse de condescendance alors que la seule manière de ne pas me faire accuser de ça aurait été de ne pas écrire cette lettre et surtout de ne pas la publier. Alors de mon côté j’en arrive à la conclusion que je peux bien accuser à mon tour tous ceux qui m’accusent de condescendance de paranoïa et que ça fait super bien avancer le débat…

    Ironie quand tu nous tiens…

  11. [...] Maître Renart nous twitte du haut d’un arbre une lettre aux immigrants. [...]

  12. [...] totale : le blogueur en question a pondu son billet en réaction à ma « Lettre aux immigrants » pour prouver qu’il « connaît » des immigrants au contraire de moi, qui ne les [...]

  13. gillac says:

    Dans le temps, nous sommes tous des immigrants. Cependant dès qu’il se forme un groupe quelque part, il est normal que ce dernier se donne un ensemble de règles et valeurs.Ainsi lorsque je me joins à un nouveau groupe j’essaie d’abord de comprendre l’âme de ce groupe et ce n’est qu’une fois intégré que je me permet à l’occasion d’ajouter mom grain de sel. Mais je me méfie profondément de ceux qui en arrivant dans un groupe déjà formé tentent d’en prendre le contrôle.

  14. Bakouchaïev says:

    Suis-je le seul à ne pas me sentir envahi ou menacé? Je suppose que le fait d’être anarchiste et d’être en faveur de l’abolition des frontières n’aide en rien à ta cause Renart, mais ton intervention, comme celle de plusieurs autres qui interviennent sur ces questions, me rend mal à l’aise. Je trouve moi aussi que c’est condescendant d’écrire une lettre comme ça à tous les immigrantEs du Québec. Cette notion que c’est notre territoire, notre société, me fait gerber. Je suis francophone, un québécois «de souche», mais il n’y a pas de nous qui tienne. C’est ta société que je combats, pas un trop plein d’immigrantEs ou une mauvaise intégration. Je rejette les valeurs qu’ils et elles doivent assimiler. Le nous de la nation est un mesonge et une illusion.

    • Pour la première remarque : exact … je n’aurais pas du présumer de l’origine, l’dentité ou quoique ce soit sur internet . Très vrai ! Et je m’en excuse .
      Mais le débat reste entier, et pas seulement au Québec . L’opinion de Renart est peut être plus ” condescendante” parceque s’adressant directement au lecteur, ce qui renforce la personnalisation du texte, mais dans le fond, d`s qu’on traite du sujet, on est diaboliser pour une raison ou une autre .
      Et, si cela peut te rassurer, j’ai quitté la France justement parceque je trouvais que l’immigrant était diabolisé à outrance, la plupart de mes amis d’enfance étant maghrébins, j’avais du mal à comprendre pourquoi tant de haine envers eux . Des Pieds Noirs, qui se sont rangés aux cotés de la France durant la guerre d’Algérie, aux travailleurs algériens entassés dans des cités dortoires que la police profilait ensuite, arrêtait pour simple crime de n’avoir pas ” la bonne couleur ” . La situation a ensuite pris de l’ampleur avec la montée de l’Extrème Droite ( Lepen, puis sa fille et leur service d’ordre ressemblant plus a des chemises brunes qu’à autre chose ) puis, la coupure, la ghettoisation des cités, la BAC ( Brigade Anti Criminalité ) rodant après 10.00 dans mes quartiers, pour finalement arriver à la généralisation pour pas mal de français que l’immigrant est le problème .
      Et tout cela pourquoi Bakouchaiev ? Parceque personne ne voulait en parler, on a laisser faire les choses, on se mis la tête dans le sable …. imagine ma surprise d’être plongé 25 ans en arrière ;)

  15. Renart Léveillé (rédaction) says:

    Bakouchaïev,

    c’est bien beau de vouloir qu’on abolisse les frontières et qu’on veuille que le monde entier s’aime en se lançant des gerbes de fleurs, mais la réalité est tout autre. Nous vivons ensemble dans un territoire donné avec une situation donnée et mon message c’est : parlons-nous ouvertement de la problématique de l’immigration, etc.

    Pour ce qui est de mon titre, qui est bien sûr très général, pour te faire plaisir il aurait fallu qu’il ressemble à « Lettre aux immigrants qui sont impliqués sur le web dans le débat social actuel et qui sont capables de me lire », genre… Ce n’est pas très gagnant pour un titre, et puis j’explique très bien tout ça dans le billet. Et puis, un titre, c’est fait pour accrocher le lecteur, alors de laisser planer quelque chose d’aussi général me semblait plus gagnant, justement.

    La preuve qu’on accroche bien sur ce qu’on veut bien accrocher quand ça nous arrange…

  16. Bakouchaïev says:

    On peut échanger Renart, c’est juste que je trouve que le débat est mal posé.

    J’ai l’impression aussi que le monde qui aborde ce genre de problématique (si on conçoit qu’on est en présence d’une situation qui pose problème), ne vont pas aller dans des manifs contre les déportations ou au moins en parler. Qu’en est t-il des problèmes que pourraient vivre les immigrantEs, que ce soit au niveau de l’emploi, la pauvreté, le racisme, etc? Peut-être que si on s’intéresse à eux et elles pour autre chose que de les pointer du doigh, ils et elles s’intéresseront plus à nous? Et qu’en est-il des autochtones? Est-ce qu’on s’intéresse seulement à l’Histoire quand ça nous arrange?

    Je sais très bien que mon point de vu est marginal, mais il existe et j’ai le droit de l’exprimer comme tout le monde.

    Et aussi, prendre les immigrants et immigrantes comme un bloc monolitique, me semble problématique, bien que tu spécifies que tu t’adresses à ceux et celles qui ont des connaissances minimales au niveau du français. Reste que les situations propres à chacun et chacunes sont plus diversifiées.

    Pour finir, est-ce que la seule chose qui importe est de savoir parler français? Ce qu’on dit, ce n’est pas important? Comme par exemple, as-tu déjà entendu Jacques Martin dire de quoi de profond ou de pertinent? Les groupes d’extrême droite au Québec parlent en français, est-ce un plus?

    Mais plus largement, je trouve que la culture francophone/québoise et les débats sur la place publique ne volent pas très haut. Je suppose que c’est à mon tour dêtre condescendant, mais je l’assume. Cela dit je ne crois pas qu’on puisse blâmer le Québec, je pense qu’il s’agit d’un phénomène international, dû à la concentration des entreprises et du capital, qui mène entre autre à la convergeance des médias.

    Mais trop souvent, je trouve qu’on répète l’opinion du voisin. Et ce qu’on dit avec une langue, devait être aussi si ce n’est pas plus important que la langue en soit, qui n’est qu’un moyen pour le dire.

    Et ne t’en déplaise, les Québécois et les Québécoises, même de souche, ne forme pas un bloc monolitique. Je ne considère pas faire partie de ce nous et ne veut pas en faire partie non plus. Et non, je n’irai pas en Russie, c’est ici que je vais continuer de tenter de changer les choses. Pour le moment.

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