Le hockey en français: vous voulez rire?
La nomination d’un entraîneur unilingue anglophone à la barre du CH, en remplacement de Jacques Martin, a créé un mini-scandale dans les chaumières montréalaises. Histoire de calmer un peu le pompon des amateurs et autres “fefans” qui ont de la broue dans le toupet par les temps qui courent, pourquoi ne pas s’attarder à l’historique du hockey, du hockey professionnel, et du CH en particulier?
Commençons par le mot hockey: son apparition en tant que terme désignant un sport remonte au moyen-âge, dans les îles Britanniques. Il viendrait du mot français “hocquet”, désignant un bâton recourbé. Mais ne vous faites pas aller la loi 101 trop vite, il faut savoir que plusieurs termes issus du vieux français avaient été importés dans le vocabulaire saxon de l’époque suite à l’invasion de Guillaume de Normandie.
Bref, de belles origines britanniques pour un sport, qui est codifié et adapté à la réalité canadienne par l’université McGill en 1875. C’est le début du hockey moderne. À McGill, qui était à l’époque, et demeure aujourd’hui, comme chacun le sait, un bastion de l’intelligentsia francophone (voir ici la définition de sarcasme).
Aujourd’hui, la consécration, la gloire ultime de tout hockeyeur est de mettre la main sur la coupe Stanley – une coupe, rappelons-le, provenant du très British Lord Stanley, gouverneur général du Canada i.e. représentant officiel de la reine au pays.
Mais que dire des Canadiens de Montréal? Fondé par le très ontarien J. Ambrose O’Brien, puis repris par George Kennedy, on y voit immédiatement une institution canadienne-française. Vraiment? La devise du Canadiens vient du poème In Flanders Fields, une oeuvre remarquable en soit, mais qui n’a pas grand chose à voir avec la francophilie et qui est au contraire un monument de la littérature canadienne-anglaise.
Le club lui-même appartient à la célèbre famille Molson dont le mythique patriarche, John Molson lui-même, était faut-il le rappeler britannique. La philanthropie du clan Molson, remarquable, a notamment contribué à une chaire en littérature anglophone à l’université McGill et un bâtiment de Beaux-arts à l’université Bishop’s.
Qu’en conclure? Le hockey est un sport d’anglophones, créés par des anglophones, pour des anglophones, qui dominent tous les segments du sport. Pendant des décennies, un peuple de Canadiens Français soumis et assimilé n’a vu dans ce club qu’un moyen de se valoriser aux yeux de la majorité dominante du pays. En réalité, les vedettes étaient payées un salaire de crève-la-faim pour être jetées en pâture à un public qui n’avait guère d’intérêt pour la sonorité de leurs noms de famille.
Alors sortez-vous la tête du sable et réalisez que nommer un entraîneur anglophone à la tête du CH ne revient qu’à souligner un état de fait. Si vraiment vous voulez défendre la culture francophone et la langue française, ce ne sera pas sur une patinoire, mais auprès de nos gouvernements, de nos institutions financières à la dérive, et en faisant la promotion de notre littérature, de notre musique et de nos artistes. Au lieu d’engraisser Molson et quelques vedettes multimillionnaires, vous pourrez encourager la relève culturelle pour moins cher, avec plus de plaisir et en français de surcroît en vous intéressant un peu à la scène locale.
Disons-nous les vraies affaires: vous aimez le hockey par amour du sport, pas par amour du français. Cessez par pitié de jouer aux vierges offensées!
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Le message que j’en retiens est que si vous avez un historique autre que québécois, vous avez des racines autres que québécoise, et bien WELCOME IN QUEBEC MY FRIEND. Continuons à être accommodent.
Pour contrebalancer un peu … voici le point de vue de @daldomex sur la suprèmissime émission de notre ami Yan Thériault ( que je salue ) :
http://yantheriault.com/blog/ Stream 281 a 1h14 du début
Le message à retenir est que l’identification au Canadien comme symbole des Canadiens Français est, et a toujours été un mythe.
Si les Québécois veulent vraiment trouver un symbole culturel fort, ils devront le trouver ailleurs que dans le hockey professionnel.
Excellent article, recherché, posé, documenté, drôle, sans invective trop blessante (beaucoup de Québécois ont été formés à McGill, la 17ième meilleure université au monde…). Bravo! Il n’y a rien comme des faits pour démontrer que certains aéronefs sont en fait plus lourds que l’air et ne devraient pas continuer à s’élever.
[...] d’Histoire, mon collègue Patrick Lévesque a soulevé le fait avéré que le « hockey est un sport d’anglophones, créés par des anglophones, pour des anglophones » et q…. Normand Lester a d’ailleurs soulevé la même chose avec sa chronique « Le club de hockey [...]
Une autre espece de niaiserie d’écrite…. j’sais que tu aimes ca te faire aller le mâche-patate et brasser de la *****, mais le fait que Cunneyworth soit anglophone et que les partisans voient le CH comme un bastion francophone n’a aucun rapport encore une fois, La raison pour laquelle les québécois sont en grogne en particulier est que la majorité des québécois à l’extérieur de Montréal ne comprennent pas un mot de l’anglais, et je m’excuse mon homme, mais ce ne sont pas aux québécois qui suivent le canadiens depuis 20-30-40-50-60 ans à aller suivre des cours d’anglais, mais à l’organisation de “s’adapter” à sa clientèle.
Jean-François, je comprends complètement ton point de vue .. mais , je ne peux mempêcher de constater que cela n’arrive pas dans les autres sports populaires tels le football, le Baseball, ou autres … Tiens ! mieux que cela, , en France, où comme chacun le sait le sport le plus populaire est le soccer ( football la-bas ) , la grande star du Paris Saint Germain n’est nulle autre que …. David Beckham …. tu crois qu’il parle français pour 35 millions par an ?
[...] récente.Parlant d’Histoire, mon collègue Patrick Lévesque a soulevé le fait avéré que le « hockey est un sport d’anglophones, créés par des anglophones, pour des anglophones » et q…. Normand Lester a d’ailleurs soulevé la même chose avec sa chronique « Le club de hockey [...]