publié le Lundi 04 mars 2013

Option nationale : le test du nombre

Logo Option nationaleCe week-end se tenait le 2e congrès d’Option nationale. Un millier de militants se sont rassemblés pour peaufiner les grandes orientations de ce jeune parti politique. Je dois avouer ne pas avoir participé ou même assisté à cet évènement. Cependant, leur utilisation intelligente des réseaux sociaux aura permis à plusieurs de suivre d’assez près le déroulement des deux jours de congrès. Qui plus est, le jeune parti aura aussi eu le mérite d’avoir une très belle couverture médiatique. À lire la grande majorité des commentaires, des militants enthousiasmes, la présence de quelques grands noms et celle de M. Parizeau auront permis d’avoir un congrès réussi. Est-ce cependant un congrès sans failles?

Bien sûr, un congrès, qui se veut le moindrement sérieux, ne se passe pas sans la moindre faille et c’est sûrement le cas pour une jeune formation politique. Qu’on observe certains ajustements à apporter dans le décorum, dans l’élaboration de certaines idées, dans la clarté et dans l’explication de ces dernières, me semble tout à fait normal. Seuls les conservateurs avec leurs sièges éjectables semblent à l’abri de ces soucis organisationnels. La vraie question, n’est pas comment cette formation gèrera le décorum d’une assemblée constituante pour les prochains rendez-vous, mais de savoir comment elle se comportera à mesure que le nombre de ses militants augmentera.

Si l’unité d’un parti semble assez stable chez des partis non souverainistes, il semble que l’exercice soit parfois plus compliqué pour ceux qui font la promotion de ce grand projet. Des souverainistes, ils en existent sous différents horizons politiques. Il y a bien sûr les modérés, ceux qui rêvent de l’avènement, mais qui ne sont décidément pas si pressés par le projet. Il y a ceux qui voient le salut du Québec passer inévitablement par cette étape si cruciale pour l’avenir de notre société. Il y a des souverainistes de gauche, au centre et à droite de l’échiquier politique. Et parmi chacun de ces groupes, aucun ne se considère moins souverainiste parce que plus à gauche ou plus à droite. Si le but est vraiment que le levain fasse lever la pâte, il faudra bien un jour que le parti s’accapare l’ensemble de la boulangerie.

C’est à ce moment précis que la partie politique deviendra de plus en plus intéressante chez Option nationale et lors de ces congrès. Chaque souverainiste, qui viendra y faire sa niche, y arrivera avec ses propres espérances, ses propres idées sur la gouvernance, sur l’avenir économique, social, culturel et environnemental. À mesure que l’effectif prendra de l’ampleur, chaque individu deviendra un sous-groupe et une nouvelle branche au sein du parti. Et, il est illusoire de penser que ça ne sera jamais le cas. Puisque, pour devenir un joueur important sur la scène politique québécoise, non seulement le parti devra convaincre, mais peut-être ratisser encore plus large dans l’électorat. À moins qu’elle soit à ce point persuasive, cette jeune formation politique devra faire face au même défi auquel fut confronté le Parti québécois. À elle maintenant de relever ce grand défi de ne pas être trop ou pas assez!

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