Charest est contre la rue
Le texte qui suit est de l’humoriste Mathieu Cyr.
Legault est contre la corruption.
Marois est contre l’anglicisation.
Khadir est contre les iniquités sociales.
Aussant est contre le fédéralisme.
Charest est contre la rue.
W-O-W.
Bonne idée. Moi aussi j’suis contre la rue d’abord. À partir d’aujourd’hui, je ne paye plus mes tickets de parking. À l’endos, j’écris : « J’vous paierais bien, mais notre premier ministre nous a dit de ne pas céder à la rue. »
Anyways, Charest ne semble pas être le seul qui soit contre la rue. Y’a tellement de trous qu’on dirait que le monde sort la nuit pour bûcher dessus à coups de marteau! (Sur la rue, et non Charest…)
C’est dit : Les Québécois n’aiment pas les rues. Non. Nous autres, on est du monde de trail! On aime ça prendre des chemins de garnotte sinueux, sans trop savoir où ça nous mène…
Jean Charest, 2 août :
« La rue a fait beaucoup de bruit, c’est maintenant aux Québécois de parler »
Sérieusement, Jean… Tu penses que la rue était remplie de quoi quand elle faisait du bruit? De Mexicains? D’insurgés syriens? De fans russes des Pussy Riot?
À ce que je sache, « la rue » dont tu parles est au Québec. Y’a de bonnes chances qu’il y ait eu « quelques Québécois » dans le lot des centaines de milliers de manifestants.
Avec sa « rue », Charest nous sert une vieille recette de division.
Montréal contre les régions. Ceux qui ont vu les manifestations contre ceux qui les ont suivis dans les médias.
Avec son discours, Charest dit au reste du Québec que « la rue » consiste en un motton d’étudiants fainéants, de hipsters gauchistes et de fous furieux qui lancent des roches dans des vitrines en sacrifiant des chèvres au nom de Xavier Dolan.
Le problème, c’est que, comme nous étions des centaines de milliers dans « la rue », plusieurs savent que c’est faux.
Le bruit de « la rue » provenait de travailleurs, d’étudiants, de familles, de gens venus d’un peu partout au Québec pour manifester contre tes politiques, Jean.
Et en passant, c’était pas la rue qui parlait, c’était le monde dessus. Si une rue te parle, consulte.
Mais cela dit, je te comprends. C’est normal de vouloir combattre la rue quand on conduit la province dans un cul-de-sac.
Et c’est aussi normal de vouloir faire craindre « la rue » aux Québécois, pour qu’ils restent sagement à la maison, au lieu d’aller dessus pour sortir les vidanges le 4 septembre.



















