Le Québec pris au piège
Ça ne s’invente pas. Un parti qui se paye de la publicité électorale (trompeuse en plus) à même nos poches. Des partis de l’opposition qui se la jouent partisans alors que le contexte commande de se placer derrière les citoyens qui demandent la stratégie, la coalition, question d’absolument sortir ce parti du pouvoir. Et la goutte, un Premier ministre irresponsable qui se drape de la responsabilité (dans une pub du PLQ, en vedette juste après ce paragraphe). Le Québec est pris au piège.
La loi 78, après avoir annulé la dernière session, commande une « reprise des cours au plus tard le 17 août prochain ». Au sujet des prochaines élections, Lise Proulx, la candidate libérale défaite d’Argenteuil, semblait savoir que ça sera déclenché à la fin juillet. Selon ce scénario, la campagne électorale (qui dure un peu plus d’un mois) se déroulera durant le retour en classe des étudiants en grève. C’est pour cette raison que Jean-François Lisée exprimait ce souhait :
Si ce n’est pas un piège, je me demande ce que c’est : tenter de faire respecter le droit de grève dans les établissements si la grève est reconduite (et donner des munitions à Charest pour exacerber la diabolisation des étudiants), ou donner du lest au mouvement de grève et donner l’impression que les étudiants ne sont pas combatifs (ce que Charest sera tout à fait capable de reprendre à son avantage).
Dans la logique où toutes perturbations sont autant de perches que peut lancer Jean Charest à l’électorat paresseux et surtout impatient de retrouver la dolce vitae, il faudrait trouver autre chose que des manifestations et des actions sur le terrain. Justement, il y a un projet très ambitieux qui pourrait nous sortir à moyen terme de ce système qui nous fait tourner en rond : la Coalition pour la Constituante. C’est officiellement un parti, mais le but ultime est d’ériger une constitution québécoise qui, entre autres, transformerait l’« organisation des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire, et les relations entre eux ». Donc, c’est un mouvement qui vise un changement de système selon les désirs des citoyens. D’ailleurs, c’est pas mal ce que le parti de Jean-Martin Aussant, Option Nationale, propose aussi de faire, mais ce que le Parti Québécois de Pauline Marois ne semble pas vouloir, étant donné que le système électoral actuel tend à soutenir la logique du bipartisme, ce qui lui profite. D’ailleurs, il faudrait que Mme Marois troque son carré rouge pour une implication profonde dans l’idée de la modernisation des institutions démocratiques. Mais je n’y crois pas. Autant elle que les membres du PQ, ainsi que leurs défenseurs, puent la partisanerie… Et ils ont le pouvoir à portée de mains, ce qui n’est pas pour les aider.
Voilà où nous en sommes. L’idée d’une réélection du PLQ glace le sang et l’alternative pour la contrer est pour le moins floue. Et pour le citoyen, entre aller voter ou s’abstenir, voter en phase avec ses valeurs et voter stratégiquement, le choix ne sera pas facile. J’en suis.
(Photo : waltimo)


















