Le carré rouge, envers et contre tous!
Carré rouge.
Grève étudiante. Ou boycottage des cours, si ça vous chante…
J’ai été très surpris de constater hier que des gens très présents sur les médias sociaux ne savaient pas que d’arborer un carré rouge signifiait un soutien aux étudiants en guerre contre la hausse des frais de scolarité. D’autant plus qu’il en a même été question plusieurs fois à la télé.
C’est peut-être votre cas aussi, alors ce billet sera une bonne occasion de vous pointer la chose. Mais avant d’être un signe relié au mouvement étudiant, le carré rouge a été un signal d’alarme que le Collectif pour un Québec sans pauvreté a présenté, le 5 octobre 2004, à la Commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale, en lien avec « l’inacceptable projet de loi 57 sur l’aide sociale » :
Mais il me faut absolument répéter un passage du début de la citation : « comment on doit agir pour cesser de tourner en rond dans l’histoire. » Parce que la genèse de ce billet se trouve dans un message Twitter qui m’a fait réagir, de la part du blogueur Mike Tremblay :
Vous ne trouvez pas que vous tournez en rond avec vos carrés rouges?
Entre autres, je me suis empressé d’ajouter un carré rouge à mon avatar Twitter, par bravade, question de bien marquer qu’il est légitime de montrer son appui aux étudiants, envers et contre tous. Parce que oui, il est légitime pour quiconque d’appuyer ou non les étudiants. Mais de grâce, il faudrait cesser d’essayer de délégitimiser la position des autres. Et ce tweet de Mike Tremblay est un bon exemple de cette dérive dans le débat.
Je pointe ce truc en particulier parce que je vois bien qu’il est très représentatif de la haine dirigée envers les étudiants et leurs partisans. Cette haine des « insupporteurs » semble tenir beaucoup dans le sentiment de se trouver devant des profiteurs qui veulent détrousser la société. Sûrement pas très loin des « B.S. »… C’est encore pas si mal quand ils pensent à ceux qui ne veulent pas de hausses des frais de scolarité. Imaginez leur trouble devant ceux qui comme moi prônent son élimination pure et simple. Des méchants crinqués…
Pourtant, un rapport de l’Institut de recherche en économie contemporaine (IREC) montre que l’« élimination des droits de scolarité universitaires permettrait au gouvernement du Québec d’économiser de l’argent ». Selon l’IREC, la réforme souhaitée « va tout de même coûter près de 80 millions $ au gouvernement », en tenant « compte des crédits d’impôt et autres coûts afférents » du programme d’aide financière aux études (AFE). Alors que la gratuité permettrait de gaspiller moins de ressources :
L’Institut arrive à la conclusion que le gouvernement pourrait avoir une meilleure performance en ne demandant pas de droits universitaires aux Québécois et aux étudiants résidents.
En assumant lui-même le coût des droits universitaires, l’AFE serait moins sollicitée et les crédits d’impôt accordé moindre.
« La gratuité universitaire ne coûterait que 176 millions $ au gouvernement », estime l’IREC, soit moins de 100 millions $ de plus qu’après le doublement des droits.
Les universités recevraient le même montant que par l’augmentation des droits de scolarité.
Avec un argument de la sorte, je suis encore plus fier de montrer par un carré rouge que je soutiens les étudiants.
(Photo : carac3)


















